Québec : le retour du rêve indépendantiste

Professeur de didactique à l’université Téluq et auteur de Québec cherche Québécois pour relation à long terme et plus, Tania Longpré a « francisé » des centaines de migrants au cours de sa carrière. Elle vit à Repentigny, dans le « 4-5-0 », ainsi qu’est désignée, par son indicatif téléphonique, la couronne de Montréal. Un Québec encore très francophone, où l’on peut vivre une journée sans avoir à utiliser l’anglais. Dans certains quartiers de la métropole, « vivre à Montréal en français, c’est pratiquement être un résistant ». Ce « 4-5-0 » est devenu, dans son récit, une sorte d’arrière-pays québécois, composé de villes de grande banlieue où la langue et les drapeaux résistent. « Vous êtes en territoire québécois typique, là », glisse-t-elle, au volant de sa voiture, en montrant les champs de maïs et de canola. Longpré appartient à une génération intermédiaire. Trop jeune pour avoir voté en 1995, assez âgée pour avoir vu l’indépendance devenir l’affaire de nostalgiques. « Il y a quelques années, dire qu’on était indépendantiste, c’était complètement ringard. Ce n’est plus le cas. C’est tendance désormais ! » Elle ne rêve ni de bouleversement ni du grand soir : « Oui, il nous faudra une monnaie et une armée. Mais, au fond, j’ai seulement besoin de savoir qu’un jour, je me lèverai dans mon pays. »

Entrevue effectué pour le Journal du Dimanche, publiée le 4 octobre 2026.